Les évènements ne sont pas les plus faciles à vivre. En période de confinement, quelles portes ouvrir sur vos ressources et celles de vos proches ?

Vos ressources peuvent prendre soin de vous et de vos proches

Nous traversons ensemble une période très particulière. Nous vous proposons ici, en quelques lignes et 5 minutes :

  • De reconnaître ce qu’elle touche
  • De comprendre le processus de ce que nous vivons à nos domiciles et dans nos têtes actuellement
  • De choisir ce que nous pouvons viser et faire de bon maintenant, pour nos proches et pour nous-mêmes.

1. Ce qui nous touche

A SYSTEMIS, nous aimons cultiver les ressources. Mais cultiver les ressources, c’est très différent du fait de nier ce qui ne va pas.

Alors avant d’aller plus loin, reconnaissons d’abord que la situation actuelle n’est pas la plus réjouissante de l’univers. Elle est très majoritairement vécue d’une façon délicate, surréaliste pour certains, très émouvante pour d’autres. Nous pouvons être touchés au quotidien. L’une de nos amies médecins a actuellement les symptômes depuis plusieurs jours. Le virus n’est pas une chose virtuelle. Le membre d’une belle équipe animée par Luc n’a pas pu accompagner son père dans ses derniers instants, père emporté par le coronavirus après 4 jours d’hospitalisation à l’autre bout du pays. Nous partageons sa tristesse et le soutenons comme nous le pouvons. Ce virus est un fait, et la nécessité de préserver les gens que nous aimons nous arrive parfois au visage plus vite et plus fort que nous ne l’aurions voulu.

Nous avons besoin de trouver comment penser et agir pour répondre sainement et durablement à ces évènements même si nous n’avons pas l’impression d’avoir prise sur eux.

2. Comprendre le processus de ce que nous vivons

Gérer l’incertitude n’est d’ailleurs pas un point fort de notre culture. L’incertitude vis-à-vis de la santé de nos proches, de notre ravitaillement et de la possibilité de pouvoir continuer à répondre à nos besoins matériels quotidiens, l’incertitude économique… Gérer ces incertitudes n’est pas une matière encore enseignée à l’école.

Le moment est pourtant propice pour prendre conscience que cette capacité est un point-clé de notre équilibre affectif et moral dans l’avenir, social et sociétal aussi. Et écologique, bien évidemment. Car que fait une majorité de personnes quand elle a une incertitude ? Un réflexe est de chercher à « s’accrocher aux branches », c’est-à-dire se précipiter (souvent fébrilement) vers des repères stables. Or, ces repères appartiennent souvent au passé, au déjà connu, aux représentations déjà ancrées, donc souvent au problème lui-même, et les réactions qui en découlent renforcent le problème au lieu de le régler. On connaît ce phénomène en Systémique.

Inutile de juger les gens qui cherchent à s’accrocher aux branches : dans les supermarchés et ailleurs, ils font ce qui leur paraît être une réponse à une situation pour laquelle ils n’avaient pas pris le temps de préparer d’autres choix dans leur cerveau. Cela peut nous arriver à tous, dans différents contextes. Si le cerveau n’a pas rassemblé de représentations pertinentes et disponibles, comment pourrait-il répondre efficacement à une situation inédite ? La bonne nouvelle, c’est que cette question esquisse déjà, à l’intérieur d’elle-même, des réponses.

Enfin, nos repères habituels ne sont plus opérants. Dans nos contrées, manger un bon pain, se déplacer vers son travail ou des amis, échanger des informations, sont vécus comme des « acquis ». Quand des écologistes sincères nous interpellent depuis des décennies sur la sécurité alimentaire (la possibilité de nourrir tous les habitants d’une commune, par exemple, en période de confinement ou de blocage économique) ou la dépendance au gas-oil, ils sont souvent regardés comme des extra-terrestres. Parce que dans un monde où le quotidien fournit à des millions de chanceux des aliments à profusion, ces millions oublient que ce n’est pas une évidence pour tous, ni partout, ni tout le temps. Parler de sécurité alimentaire n’est pas bien accueilli, parce que ce thème invite le cerveau à voir qu’il n’a pas de repères concrets pour répondre à la question, ce qui génère un inconfort d’autant plus grand que la question parle de besoins centraux. Alors on s’accroche aux branches. Un petit coup d’auto-persuasion collective (ça fait chaud au cœur) du type « tout continuera sûrement comme avant » et on range la question au fond d’un tiroir de notre cerveau, en demandant plus ou moins poliment au lanceur d’alerte d’aller importuner les gens ailleurs mais pas ici.

Et puis un jour arrive où des faits générant uns incertitude forte bousculent ces repères habituels. Faute de sens, on espère que quelqu’un de fort va nous en donner un. Un président de la république nous offre donc une explication, et faute de disposer d’autres choix concrets pour comprendre et agir, on se conforme au sens et aux prescriptions. Avec l’impérieuse propension à diminuer l’inconfort de l’incertitude, le réflexe légitime est de boire les informations que quelqu’un (qui semble savoir) nous donne. Ce phénomène a d’ailleurs été utilisé massivement dans ce que l’on appelle « la stratégie du choc » (l’objet d’un livre de Naomi Klein, adapté dans un documentaire sous le même titre, documentaire que nous vous invitons à voir, un jour où vous trouvez que vous êtes de trop bonne humeur 🙂).

Et puisque nous parlons de médias, ils sont à la fois très utiles (par exemple pour organiser massivement l’étalement dans le temps de la propagation du virus, afin de laisser le système de santé faire face, ou bien encore en permettant une sorte de lien avec l’extérieur) et contre-productifs.

2 phénomènes jouent dans ce sens :

  • La sur-focalisation : voir et entendre des nouvelles du coronavirus, en boucle, ne permet pas de penser différemment. Certes, c’est attirant pour avoir l’impression de savoir (donc l’illusion de faire diminuer l’incertitude), pour se sentir appartenir à une communauté (une aspiration très puissante en période délicate), et même s’occuper. Mais cette focalisation centre sur ce qui ne va pas, sur la logique en cours, pas vers les solutions.
  • Les ressentis limitants : évoquer plusieurs heures par jour des représentations liées à des ressentis désagréables est rarement une bonne idée. Cela augmente d’ailleurs la sur-focalisation sur ce qui ne va pas, et réciproquement (c’est une boucle… Notez-la dans votre cahier d’exercices de systémique ! 🙂). Ces ressentis orientent les pensées, les comportements, et donc les interactions (ce sont d’autres boucles systémiques associées). Donc, pour arriver à des solutions créatives et qui marchent, à du confort partagé, à sécuriser vos proches affectivement, à des actes nouveaux pour répondre à cette situation nouvelle, il est intéressant d’interrompre ces ressentis limitants et de faire la place à d’autres, plus porteurs, inspirants et confortables. Une foule de techniques qui le permettent (en PNL notamment) est disponible aujourd’hui.

Alors, on fait quoi ? Le bon côté du confinement, c’est qu’il redistribue le temps dont nous disposons quotidiennement. Profitons-en.

3. Choisir ce que nous pouvons faire

Résumons-nous :

  • Les solutions et ressources appropriées seront celles venant d’un autre système de pensées (d’autres représentations) que celles générées par le problème.
  • Le vécu de l’incertitude peut changer rapidement en prenant le temps de construire un nouveau sens.
  • Puisque le cerveau a besoin de réagir dans l’espoir de trouver des solutions, profitons du nouveau sens et des nouvelles représentations pour agir (de façons nouvelles) : être actif permet de reprendre la main, donc de diminuer l’incertitude. Ces actions vont elles-mêmes générer de nouvelles représentations, et la boucle sera bouclée. Super.
  • Changer de focalisation va permettre à la fois de nourrir les points ci-dessus et de se recentrer sur des choses au sens plus porteur.
  • Modifier les ressentis va être une clé pour ouvrir d’autres perspectives mentales et interagir de façons radicalement différentes, même quand la situation ne bouge pas encore. Ce qui veut dire acquérir une autonomie émotionnelle et intellectuelle plus grande par rapport aux évènements extérieurs à nous-mêmes, et une plus grande liberté d’interagir.

Quels moyens simples et intéressants utiliser dès aujourd’hui ?

  • Lire, écouter, regarder des sources d’informations différentes. Un livre de votre bibliothèque vous ferait voyager dans une autre culture, une autre époque, ou mettrait de belles images dans votre esprit ? C’est le moment de l’attraper sur l’étagère. Poser Le Monde Diplomatique (journal très, très riche et utile au demeurant) et ressortir la revue qui fait du bien La Maison Ecologique. Regarder des émissions aux belles images (de nature, de culture, de bons petits plats mijotés à l’autre bout du monde, …).
  • Vous créer des rituels pour la journée. Des rituels choisis : « Je trouve que ce serait bien de commencer en faisant telle chose à 7h du matin, puis telle chose ensuite, puis préparer ensemble le repas de midi en ressortant enfin nos jolis livres de cuisine ludique et saine, puis (…) ». La régularité, et une régularité sur des activités choisies et discutées sereinement ensemble pour leur utilité, c’est un puissant moyen de diminuer le stress de l’incertitude. Pour les enfants ou les personnes âgées, c’est très rassurant et structurant. Pour le système familial, c’est une colonne vertébrale au quotidien.

Faire des petites choses, via ces rituels notamment mais pas seulement, est une excellente façon aussi de porter à nouveau notre attention sur : 1. du concret, du sensoriel (une vraie source pour notre cerveau), et 2. le présent, le « ici-et-maintenant ».

  • Rassembler des représentations sur les différents Niveaux Logiques (un beau modèle PNL issu de la systémique) : sur le rôle que vous voulez avoir dans la période actuelle, ainsi que sur les projets que vous voulez accomplir pendant et après.
  • Faire le deuil de certains repères, au sens large : de personnes que nous avons aimées et qui ne sont plus là, d’un confort que nous avons eu, d’un emploi qui nous plaisait, d’un rôle que nous avions et qui a changé. Il existe de beaux cheminements pour faire cela. Oui, c’est souvent très dense émotionnellement, mais aussi très sain et libérateur.
  • Vous re-projeter : 1. des objectifs à atteindre pendant le confinement, c’est top ! Et 2. Des objectifs pour après le confinement : c’est un moyen de préparer votre cerveau à des perspectives attirantes, et c’est un puissant moteur pour reprendre la main sur votre vécu au présent aussi. Et enfin 3. Un ou plusieurs objectifs pour l’après, ce sont autant de résultats potentiellement atteints pour renouveler et embellir votre avenir.
  • Utiliser des exercices d’ancrages, de désactivation d’ancres, de dissociations, pour reprendre la main sur le sens ressenti. Vous communiquerez différemment avec vos proches, vous leur inspirerez plus de sérénité, ce qui les rassurera, ils sentiront votre solidité et passeront plus facilement de beaux moments avec vous. Ces moments enrichiront, à leur tour, toutes vos boucles d’interactions. Cool.
  • Enfin, des moments de méditation simple sont les bienvenus : loin des dogmes et sans besoin d’aucune référence à des pratiques religieuses, les techniques simples de méditations permettent de sortir du flot des pensées habituelles (un tantinet envahissant, surtout en période d’incertitude), et de revenir 1. à votre expérience intérieure (la retrouver, la poser, la reconnaître, la recentrer, la pacifier, lui ouvrir plus de place en vous et dans votre journée) et 2. au présent, à nouveau. L’avenir n’est pas écrit. Le présent est à la fois une source et une espace rempli d’interstices. Ces interstices sont autant d’occasions de bifurcations. Ces bifurcations sont des libertés à saisir au présent pour que votre avenir aille dans des directions que vous aimerez.

Nous restons très présents à SYSTEMIS, pour continuer ce que nous aimons partager : le plein de ressources à saisir pour mettre en lumière les possibilités de votre propre expérience, et réaliser ces possibilités. 

Avec toute l’équipe SYSTEMIS, nous vous souhaitons de profiter du confinement pour vous ressourcer. Très belle journée à vous.

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